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  • Antoine MICHON

Immobilier : 2020, une année noire pour les ventes de logements neufs ?

ANTOINE LAURENTPUBLIÉ LE11/06/2020 À 17H51MIS À JOUR LE11/06/2020 À 19H28


Les transactions sont en chute libre, les stocks de biens à vendre s’épuisent, les prix explosent dans certaines grandes villes... Malgré des espoirs de plan de relance en septembre, l’immobilier neuf pourrait connaître une année 2020 catastrophique.


Presque tous les indicateurs sont dans le rouge. C’est ce qui ressort de l’état des lieux sur l’immobilier neuf, présenté par la Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI) jeudi. La première source d’inquiétude concerne les ventes, en chute libre. Au premier trimestre 2020, 22.700 achats - résidence principale, ou investissement locatif - ont été réalisés par les particuliers. C’est près de 9.000 de moins que sur la même période, un an plus tôt.

Non seulement l’appétit des acheteurs pour le neuf dégringole… Mais l’offre se raréfie encore plus rapidement. Seulement 14.000 nouveaux logements collectifs ont été proposés à la vente entre janvier et mars 2020. Un chiffre famélique, bien loin des 28.200 logements proposés au premier trimestre 2019. “Le constat est clair : les promoteurs ne parviennent pas à mettre suffisamment de logements sur le marché”, s’alarme la FPI. Les explications invoquées par les professionnels sont multiples. Ils fustigent d’abord des instructions de permis de construire et des recours “exagérément longs” en période électorale.

Et évoquent des coûts de travaux “devenus trop élevés”, ainsi qu’un “manque de disponibilité” des entreprises du bâtiment pour construire les nouveaux logements.


Des mauvaises nouvelles aussi sur les prix


Conséquence directe du manque de renouvellement : les stocks de bien à vendre s’épuisent chez les promoteurs. 91.000 logements neufs étaient commercialisés au premier trimestre 2020, contre 106.000 un an auparavant. Cette raréfaction a un impact sur les prix : en moyenne, sur un an, ceux-ci ont augmenté de 3,4% en région, et de 4,7% en Ile-de-France. “Le recul de l’offre étant plus net que celui de la demande, la tension sur les prix moyens demeure”, résume la FPI. Localement, certains prix peuvent augmenter de façon vertigineuse, comme dans les agglomérations d’Angers (+14,2% sur un an), de Saint-Malo (+15,9%) ou encore du Havre (+32,7%)


L’impact du Covid pas encore perçu


Et encore, toutes ces mauvaises nouvelles ne prennent même pas encore en compte les impacts du Covid-19. C’est ce qui alarme d’autant plus les promoteurs. “Nous n’avons pas encore les données de fin avril et de mai”, précise la présidente de la FPI Alexandra François-Cuxac. Il faut donc encore s’attendre à ce que ces mauvaises tendances s’accentuent au second trimestre. Pour sauver les meubles, les promoteurs espèrent un plan de relance massif à partir de septembre. Les professionnels, par l’intermédiaire de la présidente de la FPI, entendent bien faire des propositions concrètes pour relancer la machine immobilière. Parmi elles : soutenir la demande des acheteurs, au travers d’aides ou de baisses de fiscalité. Mais aussi créer un “régime provisoire” de nouvelles règles d’urbanisme, afin de booster la production de logements à partir de septembre et tenter de rattraper (un peu) le retard accumulé ces derniers mois.


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